« Verger Nature » chez Jean Baptiste Lemaire

Pépinières des Cambières : visite du 12 juin 2022

par Lilian Brower Gomes

Les mois sont passés et vous avez peut être déjà oublié que le 12 juin 2022 nous avons eu rendez-vous pour visiter les pépinières de Cambières. Sur le Framavox de PAIS, la présentation de ces visites s’ouvraient sur un « petit plus » : la possibilité de découvrir les coulisses des projets des pépiniéristes. Effectivement, ces moments de partage d’expériences chaleureuses aux Cambières, nous ont permis de connaitre les rêves, les projets, les modes de fonctionnement, les obstacles et là où chacun en était de sa concrétisation.

9h, rendez vous à la pépinière de Jean-Baptiste, Verger Nature, une appellation chargé de sens. A l’ensemble d’arbres fruitiers se greffe le nom de famille de son grand-père maternel, qui lui a donné le gout des plantes et du jardinage. C’est probablement ce qui a rendu Jean-Baptiste si exigeant à l’égard des saveurs des fruits : les fruits du commerce sont pour lui inintéressants et il pense que rien ne remplace le plaisir de ramasser les fruits de l’arbre et le gout du fruit bien mûr. Mmmmmm !

Nous nous sommes installé·e·s sous le noyer que Jean-Baptiste avait réussi à sauver et qui embetait tant le propriétaire précédent. Il a planté un pied de vigne sous le noyer, qui grimpe déjà sur ses branches qui deviendront un support naturel des grappes de raisin. C’est la logique du jardin forêt qui s’étend sur le terrain en face de nous, même si on ne le voit pas. Les arbres plantés en lignes courbes, espacés selon les besoins de chacun, sont encore trop petits. 

Le noyer et la vigne

C’est comme cela que nous découvrons qu’il n’y a pas qu ‘un seul projet dans Verger Nature mais deux : une pépinière à agrumes et un jardin forêt. 

Ce sont 6 mille mètres carrés de terrain qu’il va doubler avec le terrain d’à côté. Des terrains plats, faciles d’accès, avec de l’eau en réseau agricole qui fourni l’eau non traitée de la rivière dans un réseau qui a été installé par les anciens producteurs de pommes de la vallée. Parce que l’hiver le réseau d’eau est fermé pour que le gel ne fasse pas éclater les tuyaux, Jean-Baptiste a décidé de construire un bassin de retention d’eau, qu’il a utilisé 3 ou 4 fois pour la pépinière, cet hiver.

Mais tout n’est pas rose. Les terrains se trouvent en fond de vallée, l’air le plus dense et donc le plus froid descend naturellement, il y a beaucoup de vent  et cette année le 1er avril il a fait -7°.

Il nous explique que dans un jardin forêt, une fois les arbres en place, s’installe un système stable et pérenne : les arbres vont rencontrer minéraux et eau, vont protéger la vie du sol et la nourrir avec les feuilles et branches qui tombent. Tout va se passer en 3 dimensions avec les différentes hauteurs des plantes  : le noyer, la vigne, les framboises et au ras du sol le raifort.

Attention, le jardin forêt est à distinguer du maraichage sol vivant où il n’y a pas de système stable et autosuffisant que s’installe et où il faut nourrir le sol avec crottin, paille, … même si la vie du sol y est.

Jean-Baptiste a tout conçu et dessiné en amont : les allées avec l’emplacement des arbres, le système d’irrigation et la portée des circuits, la partie porte greffes, les arbres greffées à vendre et la partie jardin-forêt qui restera en place…

Le sol était pauvre quand il est arrivé, avec tubercules, carottes sauvages. il ne débroussaille pas pour autant ou plutôt, seulement pour délimiter les allées. Les autres herbes sauvages autour des arbres, porte greffes et arbres greffées restent en place et continuent de protéger, nourrir et aérer le sol. Jean-Baptiste a constaté qu’avec l’enrichissement du sol, les espèces qui poussaient n’étaient plus les mêmes au fil des ans. Et il continue de les laisser. Il pense que la pratique de nettoyer au pied des arbres n’apporte rien, au contraire, même s’il lui arrive d’écraser avec les pieds les hautes herbes autour du tronc s’il les trouve trop hautes. Le débroussaillage exclusif des allés permet de ne pas marcher trop près des racines des arbres, de maintenir le couvre sol avec l’effet anti-déssechement qu’on connait et d’évaluer le degré d’enrichissement du sol en observant ce qui pousse spontanément.

Dans la visite que JB nous a fait faire de son jardin-forêt, il nous a montré les différentes plantes sauvages mais j’avoue que je me suis perdue entre tant d’espèces différentes et le grand changement d’une année sur l’autre. Des pommiers avaient repoussé et il avait essayé de les garder.  Mais ils sont devenus trop malades avec l’écorce qui se détache : sûrement parce que ce sont des nouvelles variétés trafiquées, fragiles qui auraient eu besoin de traitements chimiques.

Il pense changer son système d’arrosage même si le goutte à goutte est plus économique. Parce qu’il a constaté que de mouiller seulement une petite partie du sol au pied de l’arbre ne favorise pas suffisamment la croissance et que tout se passe trop lentement. Il a donc l’intention de passer à une forme d’arrosage plus abondante pour voir sa « forêt » s’épanouir plus rapidement.

Le tour du jardin-forêt s’est terminé à la serre.

SERRE : La serre a 120 variétés d’agrumes et fait suite au projet développé a Aix en Provence par Bernard Riera  qui voulait retrouver l’ambiance des « orangeries » d’Algérie. Jean-Baptiste y a été plusieurs fois l’aider et apprendre. En partant à la retraite, il a cédé à Jean-Baptiste sa collection et les arbres greffés.

Jean-Baptiste a toujours été un passionné d’agrumes pour leur côté exotique et pour leurs arômes subtils et forts.  Même s’il y a des oranges dans le coin déjà : l’orange amère de Valleraugue et le citrange de St Laurent le Minier, un hybride d’orange douce et de Poncirus trifoliata.

Les portes greffes qui résistent le mieux à la sécheresse sont les FA5, une variété mise au point en Espagne mais ils ne sont pas toujours de bonne qualité et JB prépare aussi ses propres portes greffes, des Poncirus trifoliata, moins résistants à la sécheresse mais bien plus résistants au froid.

La visite de la pépinière arrive à sa fin. Nous partons avec une recette contre les cochenilles et les pucerons : – 1c d’huile végétale (tournesol ou autre) – 1c d’alcool ou de vinaigre ménager – 1c de savon noir Dans 1 litre d’eau à pulvériser sur les parties infestées.

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