Potager partagé à Saint-André de Majencoules

C’est Ug de Païs qui a tout commencé.
Il parait que c’était au retour d’un voyage en Sicile. Il aurait confié à Jerôme qu’à ce terrain, qui avait demandé tant d’efforts et de temps à préparer en buttes et en arrosage, il ne se sentait pas d’accorder le temps qu’il fallait pour cultiver. Il pensait que les migrants pourraient en être des bons bénéficiaires. Jerôme, aussi de Païs, en était ravi et à vite transmis l’info à Didier et Lilian du collectif Terre d’Accueil le samedi de rencontres de Terramaire à Sumène. Le mardi suivant, vite fait bien fait, rendez vous était pris avec Ug pour la visite les lieux. Ug de son côté avait prévenu Beate, de la même association, qui était tout aussi enchantée d’une si belle source de légumes pour les migrants et la cuisine solidaire.
Oui le terrain est loin, oui il vaut mieux qu’il soit sur le chemin entre le parking et l’entrée de sa propre maison pour qu’on « l’ait à l’oeil », oui on aurait peut-être pu trouver plus près… Mais si vous avez déjà passé chaque jour deux heures pour arroser les plantes au pied, en plein été, vous savez ce que cela peut vouloir dire en termes de gain de temps et d’énergie, des buttes paillées et un arrosage automatique. Qui de surcroit se déclenche à minuit, à la fraiche.
Puis, le terrain potager se trouve entre les cabanes que Ug est en train de construire et son verger. Le terrain ne sera pas laissé à l’abandon en absence des cultivateurs, mais aura souvent le regard attentif de Ug lors de ses passages.
En fait Ug nous apporte plus que le prêt du terrain. Il apporte sa présence et un accompagnement a effet liant évident. Et pas seulement. Il apporte aussi le compost mis à disposition pour ajouter à la plantation. L’activateur de vie en grains qu’on trouve nulle part dans le coin. L’eau de son réservoir. La paille à venir. Tout cela a facilité le démarrage. C’est, même, ce qui a permis qu’on plante en un temps record et en toute sécurité pour la suite. Ug a déjà mis l’arrosage trois heures le vendredi et le samedi pour donner le coup d’envoi à l’ensemble.
Allez ! croissez et multipliez-vous !
Mais il y a plus, il a fait les premiers contacts avec Terre d’accueil et Païs qui ont été fortement relayés dans chaque association. La suite a été mise en place avec tous ceux qui ont pris les choses en main, qui ont mobiliser les migrants et les amis et ont été présents ce premier vendredi et /ou on pris rv pour la suite. Dans Terre d’Accueil 5 bénévoles et 7 migrants ont été plus qu’intéressés. Dans Païs 5 ou 6 se sont montrés intéressés. En sachant qu’il y en a qui sont dans Païs et dans Terre d’Accueil. Comptabilité mise à part, il fallait voir l’énergie qu’y régnait !
C’est le résultat d’un fonctionnement en réseau qui aboutit à un travail d’entraide. Du réseau qui entraine un partenariat qui rapproche des personnes qui autrement ne se seraient pas connues. (les 3 « qui » de la phrase sont de la haute littérature, cela donne un rythme presque poétique, n’est ce pas ?) 
C’est le constat fait lors de nos échanges posés pour le premier repas partagé pris en commun, assis à même le sol. Il y en a même qui ont pensé à nous apporter du café et du chocolat. Délice gustative et humaine.
Bien sûr, c’est dans l’esprit des deux associations cette ouverture aux partenariats, ce besoin même de s’ouvrir en réseau pour sensibiliser le plus grand nombre à la question alimentaire et aux migrants. Mais quand c’est fait et une belle dynamique se met en place, ça fait chaud au coeur.
Et ce n’est pas gagné d’avance de mettre tant de jardiniers ensemble avec autant de manières de faire que de personnes présentes. 

N’empêche que 3 planches ont été nettoyées et plantées avec les 300 plants que Gibou nous a offert. Je ne vous dis pas le sentiment de réalisation de tous ceux qui sont restés pour voir cela. Et ce, malgré les interrogations, qu’on aurait planté trop serré, trop ci ou trop ça ?
Un choix d’arrache pied que d’aller chercher les plants chez Gibou juste avant « Après Demain ». Elle nous avait dit que les plants ne pouvaient pas attendre, qu’il fallait les planter au plus vite. Elle nous a même offert en plus, des grandes et petites Tajettes pour chasser les insectes voraces. 
Du coup changement de programme le vendredi : au lieu de tout nettoyer pour laisser le terrain prêt pour une plantation la fois fois suivante, ce fut du nettoyage partiel et de la plantation tous azimuts.
Plusieurs qualités de tomates, aubergines, poivrons, courges, courgettes, piments, voici l’essentiel de notre plantation. Quelques persils, un pied d’oseille, des pieds de tomate en forme de boule, … 
Attention avec les tomates, il y a des espèces qui ne doivent pas être pincées. Gibou nous a donné son catalogue avec les manières de faire pour chaque type de plante. Toutes les plantes ont des étiquettes avec des noms et ont été plantées avec. Il vaudra mieux sortir de nos habitudes et voir ce que chaque espèce plantée demande. Pour « faciliter les choses » toutes les espèce sont mélangées pour donner un côté sauvage à notre jardin-forêt… 
Cherchons donc courageux, minutieux pour repérer dans la masse les espèces de tomates à pincer et celles à laisser telles quelles.
Prochaine étape, prochain rendez-vous, nettoyage d’une planche et plantation d’oignons. C’est Didier qui apporte les plants cette fois. Décidément c’est Bizance entre mises en commun et intelligence collective – de tête et de coeur.
Mais où va t on ?

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